Nous revenons aujourd’hui sur le parcours de Victoria Poutoire, nominée dans la catégorie Bac +5 et plus du Prix Fem’Energia 2025. A la lecture de cet interview, vous découvrirez un nouvel exemple d’une reconversion, un bel exemple de ténacité et de persévérance.

La reconversion une voix d’accès trop souvent méconnue aux métiers dont la filière nucléaire à besoin.

Quel est votre fonction actuelle et en quoi consiste votre travail ?

Je travaille à la centrale nucléaire de Paluel. Je suis actuellement en formation pour assurer la formation des équipes de conduite. J’ai été embauchée en octobre 2025 par EDF.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours ?

Après mes années de collège dans l’Eure à Beaumont le Roger, j’ai débuté le lycée en seconde générale. Pour diverses raisons, j’ai décroché et me suis réorientée vers la coiffure. J’ai obtenu mon CAP en alternance (2013). J’ai exercé cette profession pendant 4 ans.

Nous avons décidé avec mon mari d’avoir nos enfants jeunes et j’ai donc arrêté de travailler pour accueillir nos 4 enfants qui ont aujourd’hui 12, 11, 9 et 7 ans. Mais je savais que tôt ou tard je reprendrai mes études.

C’est ce que j’ai fait. Mon premier challenge a été d’obtenir le baccalauréat car j’ai vite compris que je ne pourrai rien entreprendre sans ce diplôme. J’ai essayé de m’inscrire au lycée, mais à 26 ans, j’étais trop vieille ! Il a été difficile de trouver la solution. J’ai pris contact avec le CNED et on m’a conseillé de passer un DAEU (diplôme d’accès aux études universitaires) qui correspondait exactement à ce que je recherchais. J’ai été acceptée après l’examen de mon dossier pour m’inscrire à l’université de Rouen. J’ai travaillé en cours du soir sur les matières scientifiques et le français et j’ai réussi à terminer major (2019-2020).

Ce diplôme en poche, j’ai pu accéder à l’IUT de Rouen en Génie thermique et Energétique où j’ai suivi le cursus classique en 2 ans. J’ai effectué un stage à la centrale de Paluel au centre de formation. Le sujet de mon stage : « Création d’un support de formation, une maquette pour la régulation ».

Diplômée en 2022, j’ai été encouragée par un enseignant à m’inscrire à l’INSA de Rouen en alternance avec le CNPE de Paluel. Je n’y croyais pas, mais ma candidature a été retenue. Un point « noir » pour moi : mon niveau d’anglais. J’ai réussi à passer le TOEIC et obtenu mon diplôme au bout des 3 ans de scolarité.

Quand avez-vous découvert le secteur nucléaire ?

Je connais le nucléaire depuis toujours, mon père était agent EDF. Mon mari, rencontré dans un camp de vacances de la CCAS, travaille au CNPE de Paluel.

A l’INSA, il m’a été suggeré de candidater au Prix national des apprentis de la Légion d’Honneur. Je l’ai remporté en 2024. A cette occasion, j’ai découvert l’existence du prix Fem’Energia et grâce aux publications sur l’intranet d’EDF, j’ai pu disposer de toutes les informations nécessaires pour faire acte de candidature.

Quand et comment avez-vous connu Fem’Energia ?

Par quoi es-tu passionnée ?

J’aime relever des défis. Je suis vice-présidente d’un club de tennis de table.

Non, j’aurais aimé trouver quelqu’un (femme ou homme) qui aurait eu le même parcours que moi. Il ou elle aurait pu m’informer sur les différentes possibilités pour atteindre mon objectif.

Existe-t-il une femme qui t’inspire ou t’a inspirée ?

Quels conseils donneriez vous à une jeune femme qui souhaiterait s’orienter vers le secteur nucléaire ? 

Pas d’auto censure, il faut foncer en se donnant les moyens. Tout est possible.

Ces réseaux sont importants et en particulier pour témoigner auprès des jeunes filles et jeunes femmes du fait que tout est possible.

Dans la mesure de sa disponibilité, Victoria est partante pour témoigner, comme elle l’a déjà fait, par exemple à l’IUT de Rouen.

Quel rôle pour les réseaux « de femmes » ?
Un avis, un engagement ?

 

 

 Propos recueillis par Anne-Marie Birac

loading