Le prix FEM’Energia récompense très souvent des parcours atypiques, c’était le cas encore en 2021 avec Laura Lancel qui a reçu le deuxième prix de la catégorie « CPA, BEP, BAC Pro ».

Laura comme Azèle Doucet, Sophie Bayot et Gaby Folliot, avant elle, ont décidé de changer de métier, de se « reconvertir ».

A l’heure où les besoins en personnel formé, motivé et compétent dans le domaine de l’énergie nucléaire croissent, ces femmes sont des exemples. Notre industrie n’a pas seulement besoin d’ingénieur.e.s et de manageur.e.s mais aussi d’ouvrier.e.s et de technicien.ne.s.

Après son brevet des collèges, Laura a décidé de s’orienter vers la coiffure, elle est diplômée en 2005 (Brevet professionnel). Elle a ensuite travaillé dans divers salons de coiffure avant de s’installer à son compte en 2015. Elle ouvre, alors, son propre salon de coiffure, en Bretagne où elle s’installe avec sa famille.

Découragée face aux horaires très lourds et au travail systématique le samedi et compte tenu de changements intervenus dans sa vie personnelle, elle remet en question ses choix et envisage d’autres perspectives d’avenir en Normandie où elle est revenue.

Dans cette région, l’industrie chimique a pignon sur rue et recrute assez régulièrement. Etant une femme qui aime les challenges, elle a voulu tenter de relever le défi dans ce secteur.

« A l’époque, la centrale nucléaire était pour moi une entreprise impénétrable. J’ai tout de même voulu tenter ma chance. J’ai décidé d’envoyer ma candidature afin de pouvoir préparer un Bac Pro en alternance. Sa candidature a été acceptée. »

Commence alors la préparation d’un Bac Pro « Procédé de la chimie, de l’eau et des papiers-cartons » en 2 ans en alternance au CNPE de Paluel. 

De cette expérience, elle relève qu’elle était très bien encadrée par son tuteur, elle aime travailler en quart et en équipe. Elle n’a pas rencontré de problème particulier, même si le fait d’évoluer dans un milieu presque exclusivement masculin, a nécessité une certaine adaptation.

« Le concours FEM’Energia a été, pour moi, et restera un évènement marquant de ce virage, je trouve honorable qu’on mette les femmes à l’honneur dans un milieu où il est possible d’évoluer pour chacun, homme ou femme. Je suis la seule femme dans une équipe de 25 personnes. Pour moi, les femmes ont toute leur place dans une centrale nucléaire. »

Son projet est de continuer à se former afin d’évoluer au sein de la centrale, comme opératrice salle de commande. Elle aimerait pouvoir, dans quelques années piloter le réacteur depuis la salle de commande.

Laura aime le bricolage, le jardinage, le kick boxing, la mode, la cuisine.

En complément, voici quelques témoignages des femmes qui ont connu des parcours similaires et qui, tout comme Laura, ont été récompensées par le Prix FEM’Energia:

  • Azèle Doucet : 1er Prix 2018 , catégorie prix CAP-BEP, Bac Pro.

Après un premier bBac Pro obtenu à 17 ans dans la spécialité « espace et agencement architectural ». Elle, elle se re rend compte que ce domaine ne lui convient pas et décide, très vite, de « changer son fusil d’épaule » et entreprend un nouveau Bac Pro « pilote de ligne de production » en alternance chez Orano. Elle apprécie « ce métier varié », et « en équipe dans une très bonne ambiance ». Son manager dit d’elle qu’elle « sérieuse, agréable et très appliquée ». Forte de son succès, Azèle envisage de se lancer dans un BTS « Contrôle industriel et régulation automatique).

Pour en savoir plus : https://youtu.be/QJwAR1NLToY

  • Sophie Baio: 1er prix en 2015, catégorie Prix Cap-BEP-Bac Pro

Sophie témoigne :

« J’ai passé un CAP d’esthéticienne en 1990, puis j’ai exercé une dizaine d’années avant d’avoir mes deux enfants, j’ai alors privilégié leur éducation tout en gardant une activité professionnelle diverse et variée, beaucoup de contrats d’intérim avec de nombreux métiers comme , préparatrice de commandes, opératrice sur chaine de production , animatrice de crèche, employée de commerce, employée de maison, et bien d’autre qui n’étaient pour moi que des emplois dit « alimentaires » puis j’ai exercé comme auxiliaire de vie en EPAD (2ans) et auxiliaire de vie à domicile pendant 4 ans en CDD. cComme je n’étais pas diplômée, l’association qui m’employait n’a jamais voulu signer de CDI avec moi. Cc‘est à ce moment que j’ai commencé à chercher une reconversion d’abord avec pôle emploi, qui ne me donnait pas entière satisfaction, puis seule. Unun jour je suis allée aux portes ouvertes d’un lycée professionnel avec mon fils et en discutant avec le chef de travaux de l’établissement, j’ai compris que des personnes de mon profil pouvaient passer un BAC technique en alternance alors je me suis lancée. A L’époque c’est Areva (Orano) qui m’a donné ma chance pour cette formation de reconversion , j’y ai passé 2 ans en alternance avec le lycée Doucet où je suivais les cours pour l’obtention du BAC PLP(pilotage de ligne de production). Puis avec le BAC en poche j’ai essayé d’intégrer les équipes de quart d’Areva mais malheureusement il n’y avait aucun ticket d’embauche, dans. Dans le même temps j’ai postuléer au prix Fem’energia en 2015 d’où je suis sortie lauréate dans la catégorie BAC/CAP . C’est lors de la remise de prix à Paris que j’ai rencontré des personnes de EDF qui se trouvaient être  fort intéressés par mon profil  . C’est comme cela que quelques semaines plus tard j’intégrais les équipes de quart du service conduite du CNPE de Saint Laurent des Eaux. Et voilà, cela fait aujourd’hui 6 ans que je suis en poste et chaque année, de plus en plus de femmes nous rejoignent dans une démarche de reconversion».

Pour en savoir plus : https://youtu.be/IHsr894JQpw

  • Gaby Folliot : 1er prix en 2019, catégorie prix CAP-BEP-BAC Pro

Gaby, après un Bac Pro « technique d’usinage », se rend compte que ce métier ne lui convient pas. Elle décide alors de se lancer dans un Bac Pro « pilote de ligne de production » en alternance. Elle est accueillie chez Orano dans l’atelier de vitrification. Elle aime le côté « dynamique et enrichissant » et elle note que « chaque poste ne se ressemble pas », ce qui lui plait beaucoup.

Ses manageurs saluent « sa curiosité, son autonomie ». Elle a un message pour toutes les autres jeunes femmes qui hésiteraient : « Foncez ».

Pour en savoir plus : http://www.win-france.org/win/wp-content/uploads/2019/10/Gaby-Folliot.mp4?_=1

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